Les marches et les déclarations publiques peuvent-elles faire reculer le pouvoir congolais ? Pour Jean-Paul Paluku Ngahangondi, les méthodes employées par les opposants réunis au sein du C64 sont insuffisantes.
Dans le texte transmis, il accuse cette plateforme de détourner l’attention des Congolais plutôt que d’organiser une opposition efficace. Il lui reproche notamment de sous-estimer la détermination de Félix Tshisekedi, auquel il attribue une volonté de prolonger son maintien à la tête de l’État.
La question constitutionnelle au centre des critiques
L’auteur appuie son argumentaire sur deux éléments : l’adoption, selon lui, d’une loi référendaire par le Parlement et des propos qu’il attribue au chef de l’État lors d’une réunion de sa famille politique.
Vous le savez très bien que, moi, je n’aime pas cette Constitution
, aurait déclaré Félix Tshisekedi, selon le texte.Jean-Paul Paluku Ngahangondi interprète cette phrase comme un signal adressé à la majorité présidentielle en faveur d’un changement constitutionnel. Il y voit la manifestation d’une stratégie destinée à permettre au président de rester au pouvoir.
Le document transmis ne précise toutefois ni les références du texte législatif évoqué ni la date et le contexte exacts de la déclaration attribuée au chef de l’État. L’intention de se maintenir indéfiniment au pouvoir relève ici de l’accusation formulée par l’auteur.
Une remise en cause des méthodes du C64
Au-delà de ses attaques contre Félix Tshisekedi, Jean-Paul Paluku Ngahangondi concentre ses critiques sur la stratégie de ses opposants.
Il estime que les moyens démocratiques employés par le C64 ne correspondent pas à la nature du pouvoir qu’il dénonce. Il appelle ainsi à
adapter la résistance à la hauteur de l’oppresseur
, sans préciser, dans ce texte, les formes concrètes que devrait prendre cette résistance.Son propos traduit un rejet de la stratégie actuelle de la plateforme. Il ne détaille cependant ni programme alternatif ni modalités d’action.
Le rôle de facilitateur également contesté
L’auteur reproche aussi au C64 une posture de facilitation entre le pouvoir et ses adversaires. À ses yeux, cette démarche serait incompatible avec le rôle d’opposition qu’il attend de la plateforme.
Il va jusqu’à présenter le C64 comme une structure accompagnant la politique de Félix Tshisekedi. Cette accusation constitue son appréciation politique : aucun élément apporté dans le texte ne permet d’établir un lien de contrôle ou de dépendance entre la plateforme et la présidence.
Cette prise de position expose ainsi un désaccord sur les moyens de contester le pouvoir et de défendre l’ordre constitutionnel. Elle ne comporte ni réponse du C64 aux accusations formulées ni réaction de la présidence congolaise.