La référence commune à l’article 64 de la Constitution congolaise ne suffit pas, selon Paluku Kisaka Yereyere, à effacer les divergences entre la C64 et le Front pour la Refondation de la Nation (FRN). Dans son texte, l’auteur revient sur les réactions suscitées par une publication de Corneille Nangaa Yobeluo, qu’il présente comme vice-président du FRN.
Selon lui, certains commentateurs se sont étonnés de voir Corneille Nangaa prendre ses distances avec la déclaration de Rome de la C64. Leur argument, tel qu’il le rapporte : les deux structures invoquant le même fondement constitutionnel, elles devraient éviter de s’opposer publiquement.
Paluku Kisaka Yereyere conteste cette lecture. Il entend défendre une distinction entre le pouvoir en place, qu’il accuse de fragiliser la Constitution, et ses adversaires, dont il présente l’action comme une entreprise de restauration de l’ordre constitutionnel.
La Constitution au centre de l’argumentaire
Pour étayer sa position, l’auteur développe une lecture de l’histoire institutionnelle congolaise. Il présente la Constitution du 18 février 2006 comme une réponse aux crises de légitimité, aux conflits armés et aux déséquilibres qui ont marqué le pays depuis l’indépendance.
Dans son raisonnement, la limitation des pouvoirs et le recours au suffrage populaire devaient permettre de substituer des règles communes à la logique de la force. La Constitution constituerait ainsi le socle du fonctionnement des institutions et de la coexistence nationale.
Paluku Kisaka Yereyere mobilise également plusieurs références philosophiques et juridiques, de Thomas Hobbes à Montesquieu, pour soutenir l’idée que l’exercice du pouvoir doit être encadré afin de prévenir les abus.
Des accusations contre Félix Tshisekedi
L’auteur concentre ensuite ses critiques sur le président congolais. Il lui reproche des violations de la Constitution et lui attribue cette déclaration :
Cette Constitution, je ne l’aime pas.
Le texte transmis ne précise toutefois ni la date ni le contexte exact de ces propos, dont il ne fournit pas de source permettant une vérification indépendante.
À partir de cette citation, Paluku Kisaka Yereyere soutient que Félix Tshisekedi aurait lui-même fragilisé les fondements de la légitimité institutionnelle. Il estime que cette situation aurait créé les conditions d’une contestation allant jusqu’à la lutte armée.
Cette justification relève de la position politique défendue par l’auteur. Elle ne constitue pas, à elle seule, une démonstration juridique de la légalité du recours aux armes.
Une divergence sur la responsabilité de la crise
Le principal reproche adressé à la C64 porte sur ce que Paluku Kisaka Yereyere considère comme une mise à égalité injustifiée des responsabilités.
Il refuse que le pouvoir de Félix Tshisekedi et ceux qui le combattent soient
logés à la même enseigne
. Les premiers porteraient, selon lui, la responsabilité de la dégradation de l’ordre constitutionnel, tandis que les seconds agiraient pour le rétablir.Le texte s’inscrit ainsi dans une controverse sur l’interprétation de la défense de la Constitution et sur les moyens invoqués pour la garantir. Il expose la position de son auteur, sans reproduire intégralement la déclaration de la C64 ni la publication de Corneille Nangaa à laquelle il répond.