Le recours à des acteurs privés pour assurer la sécurité de la République démocratique du Congo est au centre des critiques formulées par Adam Chalwe. Dans le texte transmis, ce cadre du FRN, mouvement présenté comme présidé par Joseph Kabila Kabange, accuse le pouvoir congolais de compromettre la souveraineté nationale en faisant appel à des intervenants dont il dénonce les intérêts financiers.
Sa déclaration vise particulièrement Erik Prince. Adam Chalwe lui reproche de se présenter en défenseur de la souveraineté congolaise et de critiquer les Européens, tout en poursuivant, selon lui, des intérêts commerciaux liés à la guerre.
Le document ne reproduit toutefois pas les propos d’Erik Prince auxquels il répond et n’en précise ni la date ni le contexte.
Une critique des choix de Félix Tshisekedi
Au-delà d’Erik Prince, Adam Chalwe met directement en cause le président congolais. Il conteste une politique sécuritaire qu’il décrit comme dépendante d’entrepreneurs privés, au détriment du renforcement de l’armée nationale.
Quelle souveraineté prétend-on défendre lorsqu’on confie la sécurité nationale à des entrepreneurs privés de la guerre ?
, interroge-t-il.L’auteur suggère également que des difficultés militaires auraient conduit Erik Prince à privilégier une démarche d’influence auprès des capitales européennes. Cette hypothèse, formulée sous forme de questions dans sa déclaration, n’est accompagnée d’aucun élément permettant de l’établir.
Des demandes sur les contrats et leur financement
Adam Chalwe réclame des explications sur les conditions dans lesquelles d’éventuels recrutements auraient été autorisés : leur base juridique, les missions confiées, leur coût et les intérêts bénéficiaires.
Il demande aussi que soient rendus publics les contrats, les circuits financiers et les responsabilités de commandement.
Le texte transmis ne contient cependant ni contrat, ni montant, ni document détaillant les engagements qu’il dénonce. Il expose une demande de transparence et des accusations politiques, sans apporter les pièces permettant d’en vérifier la portée.
Le mercenariat invoqué dans l’argumentaire
Pour appuyer sa position, Adam Chalwe cite la Convention de l’Organisation de l’unité africaine de 1977 sur l’élimination du mercenariat en Afrique et la Convention des Nations unies de 1989 contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires.
Il invoque ces instruments pour soutenir que les responsables publics devraient répondre de leurs décisions. Son texte ne démontre toutefois pas que les activités qu’il dénonce remplissent les conditions juridiques nécessaires à une qualification de mercenariat, ni que les responsabilités individuelles qu’il évoque sont établies.
Le FRN défend le renforcement de l’armée nationale
Dans la dernière partie de sa déclaration, Adam Chalwe présente le renforcement d’une armée nationale comme une condition de la souveraineté congolaise. Il affirme que le FRN entend mettre fin aux pratiques qu’il dénonce et défendre des institutions au service de la population.
La guerre est peut-être leur métier. Mais le Congo n’est pas leur entreprise, encore moins leur propriété !
, conclut-il.La déclaration transmise ne comporte ni réponse d’Erik Prince ni réaction de la présidence congolaise aux accusations formulées.