OCTOBRE ROSE AU NORD ET SUD-KIVU : COMPRENDRE, PRÉVENIR ET DÉPISTER LES CANCERS DU SEIN ET DU COL DE L'UTÉRUS
Un mois pour sauver des vies
En RDC, le mois d'octobre est dédié à la lutte contre les cancers féminins. Cette année, une vaste campagne gratuite de dépistage dans le cadre d'Octobre Rose, a été lancé le 1er octobre avec l'appui de la Banque Mondiale et de Roche.
Selon les données GLOBOCAN 2024 citées par le ministre de la Santé Roger Kamba, la RDC enregistre chaque année *plus de 9.700 nouveaux cas de cancer du sein et plus de 11.200 cas de cancer du col de l'utérus* chez les femmes. Le programme vise 912.000 femmes dans six provinces pour le col de l'utérus et se poursuivra jusqu'en 2028.
Au Nord et Sud-Kivu, même si les provinces ne sont pas encore dans la phase nationale, les organisations locales, les hôpitaux et les associations de femmes se mobilisent pour la sensibilisation.
1. LE CANCER DU SEIN : C'EST QUOI?
C'est la multiplication anormale de cellules dans les tissus du sein. C'est le cancer le plus fréquent chez la femme dans le monde.
Les signes d'alerte à ne jamais négliger :
- Une boule ou masse indolore dans le sein ou sous l'aisselle
- Un épaississement du sein, une modification de sa taille ou de sa forme
- Un changement de la peau : rougeur, aspect peau d'orange, rétraction
- Un écoulement inhabituel du mamelon, surtout avec du sang
- Une douleur persistante dans le sein
> Attention : l'absence de symptômes ne signifie pas l'absence de maladie. C'est pourquoi les autorités encouragent le dépistage même sans signe.
Facteurs de risque :
Antécédents familiaux, âge avancé, première grossesse tardive, obésité, tabac, alcool, manque d'activité physique.
2. LE CANCER DU COL DE L'UTÉRUS : LE PLUS ÉVITABLE
Il se développe au niveau du col, la partie inférieure de l'utérus qui s'ouvre sur le vagin. Il est causé dans 95% des cas par le papillomavirus humain (HPV), un virus qui se transmet sexuellement.
Les signes d'alerte :
- Saignements vaginaux anormaux entre les règles ou après les rapports sexuels
- Douleurs lors des rapports sexuels
- Pertes vaginales abondantes, malodorantes
- Douleurs pelviennes persistantes
Au début, il ne donne souvent AUCUN symptôme. D'où l'importance du dépistage.
3. COMMENT PRÉVENIR?
LE MESSAGE POUR LES FEMMES DU KIVU
A. Pour le cancer du sein :
L'auto-palpation chaque mois
: 2-3 jours après les règles. Apprendre à connaître ses seins.- Mode de vie sain : alimentation équilibrée, activité physique régulière, contrôle du poids, allaitement maternel si possible, éviter tabac et alcool.
- Consultation clinique annuelle chez un médecin ou sage-femme, et mammographie à partir de 40 ans si possible.
NB. Pour le cancer du col de l'utérus, 3 armes efficaces :
1.
La vaccination contre le HPV
: pour les jeunes filles de 9 à 14 ans. La RDC a introduit le vaccin en 2026 avec l'appui de l'OMS et la Banque Mondiale.2.
Le dépistage régulier par frottis ou test HPV
: pour toutes les femmes de 25 à 65 ans. Il permet de détecter les lésions précancéreuses avant qu'elles ne deviennent cancer.3. *L'éducation sexuelle* : limiter les partenaires multiples, usage du préservatif, prise en charge rapide des infections sexuellement transmissibles.
L'OMS considère aujourd'hui la vaccination, le dépistage et le traitement des lésions comme la stratégie d'élimination de ce cancer.
4. OÙ SE FAIRE DÉPISTER AU KIVU?
Pendant ce mois d'octobre :
- Dans tous les hôpitaux généraux de référence
- Dans les centres de santé avec maternité
- Lors des caravanes mobiles organisées par la Division Provinciale de la Santé et les ONG partenaires
- Hôpital HEAL Africa à Goma, Panzi à Bukavu, et Hôpital Général de Goma et Bukavu proposent des consultations sénologiques.
Le message du ministre est clair : *
Même sans symptôme, faites-vous dépister. Votre santé compte. Votre vie compte. N'attendez pas que la maladie se manifeste pour agir.
* Au Nord et Sud-Kivu, où les femmes portent déjà le poids de la guerre et des déplacements, le cancer ne doit pas être une fatalité de plus. Parler de ses seins, de son intimité, ce n'est pas une honte. C'est se protéger. C'est protéger sa famille.
L'éducation et la sensibilisation sont fondamentales pour dissiper les mythes et motiver les femmes à prendre soin de leur santé.
En octobre, une palpation peut sauver une vie. Un frottis peut sauver une vie.