Dès les premières heures de la matinée, les abords du marché de Kituku s’animent au rythme du débarquement des sambaza. Des femmes commerçantes s’y rendent en grand nombre pour acheter ces poissons en gros, avant de les revendre au détail dans différents marchés de Goma. Cette activité contribue non seulement à l’approvisionnement de la ville, mais aussi aux revenus de nombreuses familles.
Toutefois, derrière cette dynamique commerciale se cachent des difficultés qui préoccupent les acteurs du secteur. Shamavu Hamuli Ezéchiel, président des pêcheurs de Kituku et également gérant d’une minoterie moderne, alerte sur les conséquences de la pêche illicite. Selon lui, cette pratique risque de compromettre la pérennité des activités de pêche et de réduire, à terme, les quantités de sambaza disponibles sur les marchés de Goma.Face à cette menace, l’Agence de pêche et de gestion des lacs à l’Est de la République démocratique du Congo (APGLAC) mène des actions de lutte contre les pratiques illicites. Selon les informations recueillies dans le cadre de ce reportage, ses équipes travaillent jour et nuit pour tenter d’endiguer ce phénomène La lutte reste néanmoins un défi important pour les responsables chargés de la gestion des ressources halieutiques.
Au-delà de Kituku, la pêche aux fretins se pratique également sur plusieurs autres sites, notamment à la plage du Peuple, à Nzulo, au port public de Goma et à Bweremana. Ces différents axes contribuent eux aussi à l’approvisionnement de la ville en produits de pêche.
La préservation des ressources halieutiques apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour maintenir les activités des pêcheurs, protéger les revenus des commerçantes et garantir la disponibilité des sambaza sur les marchés de Goma. La lutte contre la pêche illicite constitue dès lors un défi essentiel pour l’avenir de cette filière.