Selon le Dr Freddy Ndongozi, conseiller du gouvernement chargé des questions de santé, les statistiques sur les violences sexuelles publiées concernant les zones sous contrôle de l'AFC/M23 doivent être interprétées avec prudence. Il estime que plusieurs rapports diffusés en 2025 ont prêté à confusion en assimilant le lieu de prise en charge des victimes au lieu où les violences auraient été commises.
Une analyse fondée sur les données officielles du DHIS2
Interrogé sur l'augmentation apparente des cas enregistrés dans les structures sanitaires des zones libérées, le Dr Ndongozi explique que les autorités sanitaires ont entrepris une analyse approfondie en collaboration avec le Programme national de santé de la reproduction.
Nous avons interrogé nos services et analysé les données disponibles dans le système DHIS2, qui centralise les informations sanitaires. Après cette étude, nous avons constaté que la majorité des cas déclarés provenaient des zones non libérées et étaient liés, selon nos analyses, aux exactions commises dans ces zones.
Le lieu de prise en charge ne correspond pas nécessairement au lieu des faits
Le responsable sanitaire souligne que les données brutes peuvent être mal interprétées lorsqu'elles ne distinguent pas le lieu de l'agression du lieu où les victimes reçoivent des soins.
Selon lui, les survivantes recherchent avant tout un environnement sécurisé pour bénéficier d'une prise en charge médicale et psychologique.
Une victime ne peut généralement pas se faire soigner à proximité du lieu où elle a été victimisée. Elle cherche un endroit où elle se sent en sécurité, car elle porte encore les séquelles psychologiques des violences subies.
Une cartographie pour mieux comprendre les mouvements des victimes
Le Dr Ndongozi indique qu'un rapport technique élaboré par le Programme national de santé de la reproduction présente une cartographie permettant d'analyser l'origine géographique des victimes et leurs parcours de prise en charge. Selon lui, cette approche permet d'éviter les interprétations erronées des statistiques.
Vers une meilleure compréhension des données sanitaires
Le conseiller en matière de santé annonce que les statistiques détaillées ainsi que cette cartographie pourront être rendues disponibles afin d'appuyer les analyses et d'améliorer la compréhension des données.
Pour le Dr Freddy Ndongozi, une interprétation rigoureuse des statistiques sanitaires passe par l'utilisation des systèmes officiels de collecte des données et par une distinction claire entre le lieu où les violences sont commises et celui où les victimes reçoivent les soins spécialisés.
Esther Wakilongo