Alors que de nouvelles consultations politiques réunissant des représentants de l'opposition congolaise se poursuivent au Burundi, le président du M23 et coordonnateur adjoint de l'AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a publié un message particulièrement critique sur le réseau social X.
Dans cette publication, il remet en cause la crédibilité même de la médiation.
Lorsque le Médiateur s’avère être, lui-même, belligérant, pas la peine de perdre ni effort ni énergie à s'interroger sur la nature et l'orientation de sa médiation. La conclusion est toute faite et les parties sont, elles-mêmes, membres du palais.
Par cette déclaration, Bertrand Bisimwa estime qu'une médiation ne peut produire des résultats que si le médiateur est perçu comme indépendant et accepté par l'ensemble des parties.
Un constat nourri par plusieurs processus restés sans issue
Les propos du dirigeant du M23 interviennent alors que plusieurs initiatives diplomatiques et politiques se sont succédé depuis plusieurs années sans parvenir à instaurer une paix durable dans l'est de la République démocratique du Congo.
Nairobi : un dialogue rapidement bloqué
Le processus de Nairobi, lancé sous l'égide de la Communauté d'Afrique de l'Est, devait ouvrir un dialogue entre le gouvernement congolais et les groupes armés actifs dans l'est du pays.
Cependant, la participation du M23 est rapidement devenue un point de divergence. Le gouvernement congolais refusait alors toute négociation directe avec le mouvement, privilégiant une approche militaire. Cette absence de consensus a limité la portée des discussions et le processus n'a pas permis d'aboutir à un accord global.
Luanda : plusieurs cessez-le-feu sans application durable
La médiation conduite par l'Angola a permis la signature de plusieurs engagements portant sur le cessez-le-feu, le retrait des forces et la désescalade.
Toutefois, ces engagements ont été suivis de nouvelles accusations de violations, de reprises des affrontements et de désaccords sur les mécanismes de mise en œuvre. Malgré plusieurs sommets présidentiels, les objectifs fixés n'ont pas été pleinement atteints.
Doha : un dialogue inédit mais toujours en construction
L'ouverture de discussions directes entre Kinshasa et l'AFC/M23 à Doha a constitué une évolution importante dans le traitement politique de la crise.
Les échanges ont porté sur des questions sécuritaires, humanitaires et politiques. Malgré plusieurs cycles de discussions et une déclaration de principes, les négociations se poursuivent et aucun accord politique définitif n'a encore été annoncé publiquement.
Les consultations du Burundi suscitent déjà des interrogations
C'est dans ce contexte que s'ouvrent les nouvelles consultations organisées au Burundi avec certains acteurs de l'opposition congolaise.
Pour Bertrand Bisimwa, la question centrale n'est pas seulement celle des participants, mais surtout celle de la neutralité du cadre de médiation. Son message laisse entendre que, selon lui, un processus conduit par un acteur considéré comme partie prenante au conflit risque de reproduire les difficultés rencontrées lors des initiatives précédentes.
La confiance, principal défi des médiations
Au-delà des différentes plateformes de dialogue qui se sont succédé ; Nairobi, Luanda, Doha et désormais les consultations organisées au Burundi ; une même difficulté demeure : instaurer une confiance suffisante entre les parties pour permettre des négociations susceptibles d'être mises en œuvre.
Le message publié par Bertrand Bisimwa reflète cette interrogation persistante sur les garanties d'impartialité des mécanismes de médiation. Il intervient alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter d'aboutir à une solution politique durable à la crise dans l'est de la RDC.