À l'issue d'une marche organisée dans les principales artères de la ville de Goma, une plateforme d'organisations de la société civile a remis un mémorandum au chef de bureau de la MONUSCO. Le document est adressé au Secrétaire général des Nations Unies, aux membres permanents du Conseil de sécurité ainsi qu'aux représentants spéciaux des Nations Unies en République démocratique du Congo.
Selon les organisateurs, cette mobilisation visait à attirer l'attention de la communauté internationale sur plusieurs préoccupations liées au processus de paix, à la situation sécuritaire dans l'est du pays et au débat institutionnel en RDC.
Les organisateurs disent avoir mobilisé une forte participation
Prenant la parole à l'issue de la manifestation, un représentant de la plateforme a affirmé que la mobilisation avait rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes avant la remise officielle du mémorandum aux responsables de la MONUSCO.
Aujourd'hui, nous avons organisé cette marche et mobilisé de nombreux citoyens. Nous avons ensuite remis notre mémorandum au chef de bureau de la MONUSCO afin que notre message soit transmis aux Nations Unies
, a déclaré un représentant de la plateforme.Les sanctions contre les dirigeants de l'AFC/M23 au cœur des revendications
Les signataires du mémorandum contestent les sanctions ciblées imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies contre certains dirigeants de l'AFC/M23. Selon eux, ces mesures risquent de compromettre les efforts diplomatiques engagés pour mettre fin au conflit dans l'est de la République démocratique du Congo.
Ils estiment que les différentes initiatives de paix nécessitent la participation de toutes les parties concernées.
Lorsque les parties sont engagées autour de la table des négociations, il n'est pas opportun d'imposer des sanctions qui risqueraient de fermer les portes du dialogue
, a soutenu un représentant de la plateforme.Les organisateurs affirment que cette question constituait la principale motivation de la marche organisée à Goma.
Appel à préserver les zones qu'ils considèrent comme stabilisées
Le mémorandum dénonce également ce que les auteurs présentent comme des tentatives de déstabilisation des territoires qu'ils considèrent stabilisés sous l'administration de l'AFC/M23.
Les organisations signataires estiment que les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont déjà payé un lourd tribut aux conflits armés et appellent à éviter toute reprise des violences.
Opposition à une révision de la Constitution
Les auteurs du document réaffirment également leur opposition à tout projet de modification de la Constitution qui, selon eux, pourrait remettre en cause le principe de l'alternance démocratique.
Ils soutiennent que la Constitution doit demeurer un cadre garantissant la stabilité institutionnelle et le respect des règles démocratiques.
Préoccupation face aux violences à Beni et en Ituri
Le mémorandum évoque également la poursuite des attaques contre les populations civiles dans les territoires de Beni et d'Ituri.
Les signataires demandent que les responsables de ces violences soient identifiés et traduits en justice, tout en appelant au renforcement des mesures de protection des populations.
Les principales recommandations
Dans leur mémorandum, les organisations formulent plusieurs recommandations :
- privilégier le dialogue politique comme voie de résolution durable de la crise dans l'est de la RDC ;
- réévaluer les sanctions ciblées qu'elles jugent susceptibles de compliquer les négociations ;
- éviter toute action pouvant entraîner une reprise des affrontements dans les zones concernées ;
- renforcer la protection des populations civiles ;
- respecter la Constitution et le principe de l'alternance démocratique ;
- intensifier les efforts contre les groupes armés responsables des violences à Beni et en Ituri ;
- promouvoir un dialogue politique inclusif entre les différentes parties.
Un appel à privilégier le dialogue
En conclusion, les organisateurs invitent la communauté nationale et internationale à soutenir les initiatives de paix et les mécanismes de dialogue plutôt que des mesures qu'ils estiment susceptibles d'accroître les tensions.
Le mémorandum a été remis le 28 juillet 2026 au bureau de la MONUSCO à Goma, avant d'être transmis aux destinataires indiqués par la plateforme des organisations de la société civile.