Une réunion de près de quatre heures au cours de laquelle plusieurs dossiers majeurs de l'heure ont été passés en revue.
1. Le cadre de collaboration AFC-M23 - MONUSCO et le redéploiement
Premier point à l'ordre du jour : définir le cadre formel de collaboration entre l'AFC-M23 et la MONUSCO. Les deux parties ont également discuté des clarifications sur le principe de redéploiement proposé par la mission onusienne.
2. Contradiction entre processus de paix et sanctions
La délégation de l'AFC-M23 a soulevé ce qu'elle qualifie de contradiction entre le processus de paix en cours et les mesures de sanctions prises par le Conseil de Sécurité de l'ONU contre ses leaders.
Il y a vraiment une contradiction entre le fait que nous sommes des faiseurs de paix avec l'autre partie qui est le régime de Kinshasa, nous sommes en négociation à Doha, mais en même temps nous subissons des sanctions
, a fait savoir la partie AFC-M23.3. Riposte contre Ebola
La question sanitaire, notamment la riposte contre la maladie à virus Ebola dans les zones sous contrôle de l'AFC-M23, a également été abordée. Le mouvement affirme avoir reçu des félicitations pour sa gestion de la riposte, contrairement, selon lui, aux zones sous contrôle du régime de Kinshasa.
4. Situation alarmante à Minembwe
Autre sujet préoccupant : la situation sécuritaire et humanitaire dans les hauts plateaux de Fizi, particulièrement à Minembwe.
Selon l'AFC-M23, Minembwe est sous blocus du régime de Kinshasa avec les FARDC, les militaires burundais, les FDLR, les mercenaires et les Wazalendo. Un blocus qui, s'il se poursuit, va forcer le mouvement à agir pour mettre fin aux souffrances de la population privée de médicaments, de nourriture et subissant des bombardements par drone quasi quotidiens.
5. Processus de Doha et dialogue national
Les deux parties ont fait le point sur le processus de Doha. Sur les huit protocoles prévus, seuls ceux concernant le cessez-le-feu ont été signés selon l'AFC-M23. Les protocoles sur les causes profondes de la crise n'ont toujours pas été abordés.
Concernant le dialogue national inclusif initié par Kinshasa, l'AFC-M23 estime qu'il n'est pas inclusif car il ne le concerne pas. Le mouvement rappelle que Kinshasa a décidé de ne pas dialoguer avec ceux qui ont pris les armes et que son dialogue se tient à Doha.
Nous ne sommes pas demandeurs de ce dialogue. Nous estimons qu'il est déjà biaisé au départ. On ne peut pas avoir un dialogue mené par une partie qui est à la fois juge et partie et qui va même nommer les animateurs de ce dialogue
, a indiqué la partie AFC-M23.6. Suspension des universités
Enfin, la question sociale a été évoquée, notamment la décision du gouvernement de Kinshasa de suspendre les activités des universités et institutions supérieures dans les zones sous administration de l'AFC-M23. Une mesure qualifiée de
punition collective contre des enfants qui n'ont rien à voir avec ce conflit
.La rencontre s'est tenue dans un climat que les deux parties ont qualifié de franc et direct.