Nous finissons en paix
Prenant la parole à l’issue des échanges, Munguaere Pilipili Jacques a exprimé la reconnaissance de sa délégation envers l’équipe de l’AFC/M23 qui a accompagné les différentes parties dans la recherche d’une solution.
Nous disons encore merci à toute l’équipe de l’AFC/M23 qui s’est réunie pour nous aider à trouver une bonne solution aux problèmes que nous avions avec l’ECC Sud-Kivu
, a-t-il déclaré.Selon lui, le différend avait donné lieu à plus de huit mois de réunions sans parvenir jusque-là à une issue satisfaisante.
Nous avons plus de huit mois de réunions concernant l’ECC Sud-Kivu, mais aujourd’hui ces réunions se terminent. Nous finissons en paix
, s’est-il réjoui.Pour le responsable religieux, l’un des signes les plus visibles de cette évolution est le changement intervenu dans les relations entre les parties.
À notre arrivée, nous avions des difficultés à nous saluer. Mais à cet instant, nous nous saluons et nous nous parlons
, a-t-il souligné.Il a appelé les responsables de l’ECC Sud-Kivu à préserver cet esprit de rapprochement et à faire fructifier les résultats obtenus.
Bertrand Bisimwa :
Vous nous offrez un modèle de réconciliation
S’adressant aux responsables religieux, Bertrand Bisimwa a insisté sur la transformation de l’atmosphère entre le début et la fin du processus.
Il a rappelé avoir rencontré, lors des premiers échanges, des responsables marqués par la colère, la tristesse et la méfiance.
Lorsque nous nous sommes rencontrés initialement dans mon bureau, j’ai perçu des visages sombres. J’ai vu de la colère, j’ai senti de la tristesse. Mais aujourd’hui, je vois des sourires et de la joie sur chacun de vous
, a-t-il déclaré.Pour Bertrand Bisimwa, la portée du rapprochement dépasse le seul règlement d’un différend interne à l’Église. Il y voit une leçon pouvant inspirer la société congolaise dans son ensemble.
Vous nous offrez un modèle de réconciliation. Vous nous avez enseigné beaucoup de choses à l’Église, mais ici, vous nous enseignez par vos propres actions
, a-t-il affirmé.Il a notamment mis l’accent sur l’écoute de l’autre, la reconnaissance des faiblesses humaines et la capacité de sortir de sa propre position pour comprendre celle de l’autre.
Selon lui, chaque partie pouvait être convaincue de détenir la vérité ou d’avoir les meilleurs arguments. La réconciliation n’est cependant devenue possible qu’au moment où les protagonistes ont accepté de s’écouter et de rechercher un terrain d’entente.
De tous côtés, vous êtes sortis de votre zone de confort. Vous avez avancé vers l’autre pour l’écouter, et c’est un acte très noble
, a-t-il expliqué.Pour le responsable de l’AFC/M23, cette démarche constitue également une leçon politique : les divergences ne doivent pas nécessairement conduire à la rupture lorsque les acteurs acceptent le dialogue et la compréhension mutuelle.
Une solution
qui satisfait toutes les parties
Levi Ngangura Jacques, intervenant à son tour, a salué l’accueil réservé aux représentants de l’ECC Sud-Kivu ainsi que, selon lui, le sérieux accordé à leurs préoccupations.
Merci pour le sérieux avec lequel vous avez reçu et traité les plaintes de l’Église. Merci pour la sagesse que nous voyons appliquée pour résoudre les différends
, a-t-il déclaré.Il a surtout affirmé que le compromis obtenu était accepté par les différentes parties.
Nous repartons d’ici avec rire et joie, et nous voyons la collaboration grandir, car la solution trouvée satisfait toutes les parties
, a-t-il indiqué.Le responsable religieux a également assuré que l’Église continuerait à prier pour la paix et pour ceux qui exercent des responsabilités publiques.
De la confrontation à la poignée de main
La rencontre s’est ainsi achevée sur une image contrastant avec les tensions ayant marqué les mois précédents : des responsables qui éprouvaient autrefois des difficultés à se saluer ont accepté de se parler et de se serrer la main.
Au-delà de la résolution du différend au sein de l’ECC Sud-Kivu, les différents intervenants ont présenté cette évolution comme un message en faveur du dialogue : reconnaître les divergences, écouter l’autre, rechercher un compromis et préserver l’unité malgré les désaccords.
Après plus de huit mois de discussions, les responsables religieux disent désormais vouloir tourner la page des divisions et privilégier la réconciliation, la collaboration et la poursuite de la mission de l’Église.
SIMBA MEDIA