JEUNESSE

# RDC : à Goma, des étudiants demandent la reprise des activités académiques à Goma et Bukavu

16/09/2026 Shaby Kazungu 434 vues
+
+
Goma, 16 septembre 2026

Des représentants des étudiants des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu ont présenté, mercredi, un mémorandum appelant à la levée de la suspension des activités académiques et para-académiques dans les deux villes.

Le document est adressé notamment aux autorités congolaises, à l’ONU, à l’UNESCO, à l’UNICEF ainsi qu’à l’Alliance Fleuve Congo/M23. Les étudiants demandent la reprise des cours dans les établissements concernés et souhaitent que les conséquences de la suspension soient prises en compte dans la réorganisation du calendrier académique.

Nous demandons simplement le droit d’étudier


Dans leur mémorandum, les étudiants affirment que leur démarche est
strictement estudiantine, pacifique et apolitique
. Ils soutiennent ne pas être responsables des différends politiques ou militaires qui affectent leurs régions et estiment ne pas devoir être privés de leur formation pour des circonstances indépendantes de leur volonté.

La suspension des activités académiques entraîne, selon eux, l’interruption des cours, des travaux pratiques, des examens, des stages, des travaux de recherche et des défenses de mémoires.

Ils redoutent que la prolongation de cette mesure ne perturbe les calendriers universitaires, n’accumule les retards dans les cursus et ne provoque la perte d’une année académique pour certains étudiants.

Des demandes adressées aux autorités

Le collectif demande au gouvernement congolais de rapporter ou d’annuler la décision suspendant les activités académiques dans les établissements publics concernés.

Il appelle également les autorités compétentes à organiser une reprise régulière des activités et à garantir aux étudiants la possibilité de poursuivre leurs cours, examens, stages et travaux de recherche.

Les étudiants demandent par ailleurs que les enseignements et évaluations non réalisés pendant la période de suspension soient intégrés dans un calendrier réaménagé. Ils souhaitent aussi la mise en place de mesures de rattrapage, sans compromettre la qualité de la formation.

Le mémorandum appelle enfin l’ONU, l’UNESCO et l’UNICEF à accompagner les parties concernées afin de préserver le droit à l’éducation et la continuité de l’enseignement supérieur à Goma et à Bukavu.

Un contexte sécuritaire à l’origine de la suspension

Le gouvernement congolais avait suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu. La mesure concerne l’année académique 2026-2027 et a été justifiée par la situation sécuritaire dans ces deux villes.

À Goma, cinq établissements sont concernés, dont l’Université de Goma, l’Institut supérieur de commerce, l’Institut supérieur des techniques médicales, l’Institut supérieur des techniques appliquées et l’Institut supérieur pédagogique.

À Bukavu, la suspension concerne notamment l’Université officielle de Bukavu, l’Institut supérieur de commerce, l’Institut supérieur des techniques médicales, l’Institut supérieur pédagogique, l’Institut supérieur de développement rural et l’Institut supérieur d’administration et de management.

Une exception avait été prévue pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 dont le cursus n’avait pas été achevé. Ceux-ci pouvaient poursuivre certaines activités nécessaires à la finalisation de leur formation dans des établissements légalement reconnus.

L’université doit rester un espace d’espoir


Les représentants des étudiants demandent que les établissements d’enseignement supérieur soient préservés comme des espaces civils consacrés à l’éducation, à la recherche et à la formation.

Ils sollicitent des autorités et des partenaires internationaux un accompagnement institutionnel, une expertise, une médiation et un appui technique afin de concilier les impératifs de sécurité avec la continuité de l’éducation.

Pour les étudiants, l’université doit rester
un espace de savoir, de recherche, de formation et d’espoir
, y compris en période de crise.

Actualités récentes