DROITS HUMAINS

DROITS HUMAINS : L’AFC/M23 REJETTE LE RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH ET DÉNONCE UN « NARRATIF POLITIQUE »

14/06/2026 Shabby Kazungu 16 vues
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Goma, 13 juin 2026

L’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a officiellement rejeté le rapport publié le 10 juin 2026 par Human Rights Watch sous le titre
Death Was Everywhere
(
La mort était partout
), estimant que ce document repose sur des allégations non vérifiées, des failles méthodologiques importantes et une lecture partiale de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’AFC/M23 conteste la méthodologie du rapport

Dans sa déclaration rendue publique à Goma, le mouvement affirme que les accusations formulées par Human Rights Watch
ne reposent sur aucune preuve crédible et vérifiable
et réaffirme son
attachement indéfectible au respect du Droit International Humanitaire ainsi qu’aux principes fondamentaux de protection des populations civiles
.

L’AFC/M23 reproche notamment à l’organisation de s’être appuyée principalement sur des témoignages anonymes, des analyses à distance et des images satellitaires sans accès direct aux principaux sites mentionnés dans le rapport.

Selon le mouvement,
une attribution rigoureuse exige d’identifier les auteurs matériels et d’établir un lien hiérarchique ou un contrôle effectif. Ce qui fait défaut dans le rapport de HRW.


Recrutement d’enfants : l’AFC/M23 défend sa politique de protection

Concernant les accusations de recrutement forcé et d’utilisation d’enfants soldats, l’AFC/M23 affirme que les adhésions à l’Armée Révolutionnaire Congolaise (ARC) sont volontaires et que les mineurs identifiés sont systématiquement exclus des rangs militaires.

Le mouvement rappelle que son code de conduite prévoit que
les femmes et les enfants ont un statut encore plus particulier de protection
et que
tout militaire qui trouvera, lors des opérations, des femmes et des enfants, est tenu de les protéger et les conduire en lieu sûr
.

L’AFC/M23 affirme également collaborer avec les partenaires spécialisés dans la protection de l’enfance afin d’assurer la prise en charge et la réinsertion des enfants associés aux groupes armés.

Prisonniers de guerre : plusieurs vagues de libérations rappelées

Réagissant aux accusations de détentions arbitraires et de mauvais traitements, le mouvement rappelle avoir procédé à plusieurs opérations de libération de prisonniers de guerre depuis 2025, notamment des contingents étrangers, des combattants FDLR et des éléments de la coalition gouvernementale.

À ce jour, l’AFC-M23 a exprimé sa disposition à libérer tous les prisonniers de guerre restants. Cette offre reste butée au refus de Kinshasa de les reprendre
, indique le communiqué.

Le mouvement soutient également être
l’unique partie au conflit à avoir gardé des prisonniers de guerre dans les conditions d’humanité, de dignité, qui respecte le cessez-le-feu et le Droit International Humanitaire
.

Fosses communes : des accusations qualifiées de spéculatives

L’AFC/M23 rejette les allégations relatives à l’existence de fosses communes et d’exécutions sommaires dans les zones de Rumangabo et Cyanzu.

Selon le mouvement, ces accusations sont
extrêmement graves et fausses, car purement spéculatives et manipulatrices en l’absence d’investigations sérieuses, impartiales et indépendantes
.

Le communiqué souligne également que Human Rights Watch reconnaît ne pas être en mesure de déterminer avec certitude le nombre exact de victimes ni la présence effective des sépultures évoquées.

Le Salongo défendu comme outil de cohésion sociale

Sur la question des travaux forcés, l’AFC/M23 affirme que Human Rights Watch confond les travaux communautaires de salubrité publique avec des formes de travail forcé prohibées par le droit international.

Le mouvement estime que ces activités constituent
des mécanismes appropriés d’autoprise en charge et de rapprochement citoyen et communautaire
dans un contexte marqué par les conséquences de plusieurs années de conflit.

L’accusation d’une implication rwandaise rejetée

Le mouvement rejette également les accusations portant sur une implication des Forces de Défense du Rwanda (RDF) dans ses structures de formation.

Selon l’AFC/M23, associer systématiquement les populations congolaises d’expression kinyarwanda à des acteurs étrangers relève d’
un véritable délit de faciès et de langue
qui contribue à renforcer les tensions communautaires et les politiques d’exclusion.

Appel à une enquête indépendante sur l’ensemble du territoire congolais

L’AFC/M23 qualifie le rapport de Human Rights Watch de
purement infondé et propagandiste
et estime qu’il s’inscrit dans le narratif du gouvernement de Kinshasa.

Le mouvement réaffirme toutefois son engagement en faveur du processus de paix et appelle à une enquête globale et indépendante sur les violations des droits humains commises par tous les acteurs armés opérant en RDC.

L’AFC-M23 demeure résolument engagée en faveur du processus de paix en cours, en vue d’une solution durable aux causes profondes du conflit et reste disposée à contribuer à toute initiative visant à promouvoir la paix, la sécurité, le vivre-ensemble, la justice et la stabilité dans la région des Grands Lacs
,
conclut le communiqué signé par Bertrand Bisimwa.

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